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Question écrite concernant l'adaptation de l'offre de soutien aux besoins des NEETs et l'accompagnement des NEETs.

de
Emin Özkara
à
Elke Van den Brandt et Alain Maron, membres du Collège réuni en charge de l'action sociale et de la santé (question n°464)

Matière(s):
Ouverture des sessions
 
Date de réception: 17/06/2021 Date de publication: 21/09/2021
Législature: 19/24 Session: 20/21 Date de réponse: 10/09/2021
 
Date Intitulé de l'acte de Référence page
13/07/2021 Recevable p.m.
 
Question    Ils ont entre 15 et 24 ans ne sont ni en recherche d’emploi, ni à l’école, ni en formation. On les appelle les « NEETs », une catégorie de personne difficile à appréhender pour Actiris, Bruxelles-Formation, le VDAB, les CPAS, etc. Ces jeunes en décrochage sont difficiles à joindre, irréguliers dans les rendez-vous, insensibles au rappel.

D’après EUROSTAT, « en 2020 on comptait 11,3 % de NEETs en Région de Bruxelles-Capitale » 1 (contre 19,2 % en 2012). Malheureusement et malgré les efforts fournis par tous, force est de constater que le phénomène des NEETs et de la « Sheerwoodisation » d’une partie de notre jeunesse est toujours d’actualité. De nombreux jeunes bruxellois démoralisés ne s’adressent plus ou ne fréquentent plus les services d’Actiris ou les CPAS, et ainsi disparaissent des radars.

Une étude 2 menée sur le phénomène NEET qui tient compte de la récurrence et de la persistance du phénomène met en évidence, entre autres, des situations très variées, en termes de précarité et de vulnérabilité, mais aussi la nécessité de comprendre la complexité des situations pour mieux aider les jeunes inactifs. Tous les NEETs ne rencontrent pas les mêmes problèmes. Tous les NEETs ne sont pas vulnérables dans la même mesure et les mêmes aides n’auront pas les mêmes effets sur tous les jeunes en difficulté. Certains NEETs font face à un seul problème, voire sont NEET de façon transitoire, par choix, tandis que d’autres cumulent plusieurs problèmes qui les éloignent du marché du travail et de toute formation. Il convient donc d’adapter au plus près l’offre de soutien aux besoins du jeune.

Comme vous savez, la problématique des NEETs est complexe à traiter et concerne à la fois la politique en matière de travail, d’éducation, de santé et la politique familiale.

Afin de compléter mon information, je souhaiterais vous poser les questions suivantes :

  1. à combien évaluez-vous le nombre de NEETs dans notre Région et combien de jeunes femmes et de jeunes hommes sont concernés?? Outre les données fournies par EUROSTAT, quels sont les outils/méthodes actuellement utilisés pour réaliser le recensement des NEETs en Région de Bruxelles-Capitale ? Quelles sont les communes bruxelloises les plus touchées par le phénomène des NEETs ?

  2. Quels sont les offres de service ou projets personnalisés destinés à aider les jeunes de moins de 25 ans en situation de précarité économique et/ou sociale, dont les NEETs :

    1. disponibles actuellement chez la Cocom ?

    2. à l’étude chez la Cocom ?

    3. en cours de réflexion dans votre cabinet ?

  3. Combien de NEETs ont perdu leur droit aux allocations de chômage ou au revenu d'intégration ?

  4. Quels sont les expériences pilotes, offres de soutien et projets d'accompagnement dédiés aux NEETs ?

  5. Qui est responsable de ces expériences pilotes, offre de soutien et accompagnements ?

  6. Quelles sont les approches utilisées pour prendre contact avec les NEETs, leur redonner confiance et les remotiver ? L'accompagnement est-il individualisé ? L'accompagnement prend-t-il en compte les besoins, l'expérience de vie, les problèmes psychosociaux et les problèmes spécifiques de chacun des NEETs accompagnés ?

  7. Quels sont les subsides accordés pour ces expériences pilotes, offres de soutien et accompagnements ? Qui accorde ces subsides ? Quels sont les montants annuels alloués pour aider les NEETs et à qui sont alloués ces montants ?

  8. Une politique concertée en matière de travail, d'éducation, de santé et de politique familiale et une collaboration entre le secteur scolaire et extrascolaire est essentielle pour prévenir et traiter le phénomène des NEETs. Quels sont les acteurs qui coopèrent ensemble ? Quelles sont les activités proposées aux NEETs ? Des activités périscolaires, sont-elles proposées ? Si oui, par qui et quelles sont ces activités ?

  9. Combien de NEETs ayant bénéficié de ces expériences pilotes, offre de soutien et accompagnements sont aujourd'hui au travail ou en formation ? Quels sont les taux de mise à l'emploi, de mise en formation et de (re)mise aux études ?

  10. Combien de NEETs ont été aidés et par qui ?

  11. Combien de NEETs ont été perdus des radars ?

 

1 EUROSTAT, «?Jeunes sans emploi et ne participant ni à l’éducation ni à la formation par sexe et région NUTS 2 (taux NEET) - classe des 15 à 24 ans?», Dernière mise à jour?: 3 juin 2021, http://appsso.eurostat.ec.europa.eu/nui/show.do?dataset=edat_lfse_22&lang=fr , consulté le 16 juin 2021.

2 Gouvernement du Grand-Duché de Luxembourg – Ministère de l'Education nationale, de l'Enfance et de la Jeunesse, Dossier de presse du 13 juin 2017, "Les jeunes NEETs au Luxembourg: Décrire et comprendre le phénomène pour mieux agir", https://gouvernement.lu/dam-assets/fr/actualites/articles/2017/06-juin/13-meisch-neets/170613-etude-NEET.pdf , consulté le 16 juin 2021.

 
 
 
Réponse    Cette thématique ne ressort pas exclusivement des compétences de la Cocom car la catégorie NEET englobe des catégories plus larges que celles des personnes jeunes, sans-abris et mal-logées, en situation de précarité. L'asbl Bruss'help ne dispose pas de données chiffrées quant au nombre et à la répartition géographique de ce public. Ce phénomène n'en constitue pas moins un point d’attention pour l'asbl Bruss’help (dans le domaine du sans abrisme) dans son plan pluriannuel d’intervention et de prévention dans le cadre des Comités Bruss’help (échéance : 2023).

Un recensement portant sur les catégories jeunes est prévu dans le cadre des études complémentaires du dénombrement 2022 (publication : premier trimestre 2023).

Concernant les
offres de service ou projets personnalisés destinés à aider les jeunes de moins de 25 ans en situation de précarité économique et/ou sociale, dont les NEETs, l'asbl New Samusocial est depuis 2015 chargée d’une mission d’insertion en faveur des jeunes sans-abri de 18 à 25 ans qui présentent une problématique d’addiction ou de souffrance psychologique ou psychiatrique (Housing First Stepforward: rechercher des logements, favoriser l'accès aux logements, accompagner).

Par ailleurs, plusieurs centres de jour/maisons d'accueil visent un public de jeunes:
- Centre de jour de l'asbl Macadam
- L'asbl Ordre de Malte - centre de jour "la Fontaine"
- L'asbl Espace Social - centre de jour "Consigne article 23"
- L'asbl Montfort Center - centre de jour "RestoJet"
- Maison d'accueil de l'asbl Escale

Le dispositif "Rue Haute et de la Philantropie" (l'asbl le Refuge), activé dans le cadre du plan de relance, vise également un public de jeunes.

Au niveau de la COCOF, la maison d'accueil @Home 18-24 (l'asbl Petits Riens) acueille un public de jeunes.

Le Centre de jour Macadam récent soutenu par la COCOM s’adresse spécifiquement aux jeunes en errance.

A ce jour, il n'existe pas d’autres projets à l'étude par la Cocom.

Enfin, vos questions relatives aux droits aux allocations de chômage, accès au travail et formation ne ressortent pas des compétences de la COCOM.