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Question écrite concernant l'expérience professionnelle à l'étranger pour les demandeurs d'emploi.

de
Alexia Bertrand
à
Bernard Clerfayt, ministre du gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale chargé de l'emploi et de la formation professionnelle, de la transition numérique, des pouvoirs locaux et du bien-être animal (question n°170)

 
Date de réception: 14/01/2020 Date de publication: 30/03/2020
Législature: 19/24 Session: 19/20 Date de réponse: 30/03/2020
 
Date Intitulé de l'acte de Référence page
13/03/2020 Renvoi commission affaires économiques et emploi p.m.
13/03/2020 Recevable Bureau élargi du Parlement
 
Question    Selon un article paru dans la presse le 18 décembre dernier et faisant suite à une étude d’Actiris réalisée auprès de 2.000 demandeurs d’emploi, il apparait qu’ils seraient près de 59% à s’être déclarés prêts à quitter le pays dans le but d’acquérir une expérience professionnelle à l’étranger, améliorer leurs compétences et se livrer à l’apprentissage d’une langue étrangère.

En 2019, les trois destinations principales ayant offert le plus d’embauches aux demandeurs d’emploi bruxellois étaient la France (à 38%), le Canada (à 12%) ainsi que la Bulgarie (12%). Les stages à l’étranger, quant à eux, sont particulièrement nombreux en France (33%), en Espagne (17%) et au Portugal (10%).

En tout état de cause, si les facteurs tels que la difficulté de s’éloigner de ses proches, la sortie d’une zone de confort, la confrontation à des frais jugés trop importants ou simplement la crainte de perdre ses droits au chômage sont les principaux freins qui ont été identifiés par les bénéficiaires potentiels, Actiris reconnaît la mobilité internationale comme étant un réel avantage pour les demandeurs d’emploi.

A ce titre, je souhaiterais obtenir auprès de vous un certain nombre d’informations :

- Premièrement, quelles sont les politiques actuellement menées par le Gouvernement pour renforcer la mobilité internationale – voire même interrégionale – des demandeurs d’emploi bruxellois ?

- Quelles sont les conditions que doivent remplir les demandeurs d’emploi pour pouvoir bénéficier d’un soutien, bourse ou autre, de la part d’Actiris pour une expérience professionnelle à l’étranger ? A quelle hauteur et pour quels coûts spécifiques ? De plus, quelle est l’enveloppe globale d’Actiris qui permet de financer ces mesures ?

- La mobilité interrégionale des demandeurs d’emploi est une formidable opportunité en termes d’apprentissage des langues, dont le néerlandais. Quels sont donc les partenariats noués avec le VDAB pour permettre à des demandeurs d’emploi bruxellois francophones de suivre une formation en Flandre ? Par ailleurs, quel est le nombre de demandeurs d’emploi francophones qui, au cours de l’année 2019, ont bénéficié de ces partenariats ?

- Quels sont les secteurs et les publics prioritaires qui ont été identifiés dans l’implémentation de ces politiques ? Un processus d’évaluation accompagne-t-il la mise en œuvre de celles-ci ?

- La Région bruxelloise a-t-elle noué des contacts privilégiés ou a-t-elle scellé des partenariats – avec des pays tels que la France, l’Espagne, le Portugal, le Canada et la Bulgarie, voire d’autres pays, pour renforcer la mobilité internationale des demandeurs d’emploi  bruxellois? Quelles informations pourriez-vous nous fournir en termes d’évaluation et de résultat de ces partenariats ?
 
 
Réponse    Comme vous l’indiquez dans votre question, le Gouvernement souhaite développer la mobilité tant interrégionale qu’internationale des chercheurs d’emploi bruxellois.

Le contrat de gestion 2017-2022 d’Actiris, prévoit de « rénover la mobilité internationale » et d’« augmenter le nombre de placements via la mobilité internationale (emploi/stages) ».

Par ailleurs, le Programme opérationnel FSE 2014-2020 pour la Région de Bruxelles-Capitale octroie des moyens financiers à ‘Actiris International’ en vue de « renforcer la mobilité internationale ».

L’offre de services en termes de mobilité internationale est donc bien présente et l’intérêt des chercheurs d’emploi pour celle-ci est fort.

Cependant, les opportunités qu’offrent ‘Actiris International’ semblent encore peu connues auprès des chercheurs d’emploi bruxellois d’après l’enquête réalisée en novembre 2019.

En termes de secteurs, Actiris International propose des aides à la mobilité professionnelle correspondant à une large variété de profils. Les principaux secteurs concernés sont le tourisme, la vente et les services. Toutefois, aucun emploi ou stage n’est proposé pour des profils qui sont en pénurie en Région de Bruxelles-Capitale.

En termes de public prioritaire, Actiris International vise principalement à satisfaire les chercheurs d’emploi qui ont un souhait de mobilité. La prospection des entreprises est donc développée sur base des profils des chercheurs d’emploi bruxellois souhaitant obtenir une expérience professionnelle à l’étranger.

Le public cible est composé de jeunes (18-35 ans) et des chercheurs d’emploi porteurs d’un projet de reconversion professionnelle (18-59 ans).

En terme d’évaluation, on dénombre en moyenne de 80 à 90% de sorties positives suite à une mobilité réalisée dans l’année.

Concernant la mobilité interrégionale, Actiris et le VDAB travaillent étroitement ensemble pour renforcer cette mobilité interrégionale dans le but de combler les emplois vacants en périphérie bruxelloise. Ainsi, le VDAB promeut aussi le service Select d’Actiris aux employeurs installés autour de Bruxelles.

Depuis 2015, Actiris a mandaté le VDAB pour accompagner une partie des chercheurs d’emploi inscrits auprès d’Actiris vers un emploi en périphérie bruxelloise. Ainsi, 1.187 chercheurs d’emploi ont été dirigés, en 2018, vers le VDAB par Actiris et 510 ont réalisé un trajet d’accompagnement.

La révision de l’accord de coopération politiques croisées entre la Région de Bruxelles et la Région flamande est en cours de finalisation et va dans le sens du renforcement de la mobilité interrégionale.

Le nombre de chercheurs d’emploi formés par le VDAB en 2019 ne sera disponible qu’en mars 2020. En 2017, 1.159 chercheurs d’emploi ont été formés et 1.484 en 2018.

Toutefois, je ne dispose de la répartition de ces chercheurs d’emploi par rôle linguistique.

Concernant le volet « interrégional », chaque année Actiris et le VDAB réévaluent l’objectif et les résultats atteints.

Par ailleurs, des études conjointes de view.brussels et VDAB sont élaborées pour mieux identifier et anticiper les besoins du marché de l’emploi à Bruxelles et en Flandre.

Concernant les contacts privilégiés, Actiris est membre du réseau européen EURES, réseau d’environ 850 opérateurs, spécialement formés pour assurer l’information, l’orientation et le placement de chercheurs d’emploi intéressés par la mobilité en Europe.

De plus, Actiris International assure la gestion conjointe avec Brussels International du programme de stages professionnels Eurodyssey pour la Région de Bruxelles-Capitale.

Enfin, en novembre 2019, la Région bruxelloise et le Québec ont officialisé leur collaboration via une entente, pour le recrutement de chercheurs d’emploi bruxellois par des employeurs québécois. L’objectif est de capter plus d’offres d’emploi au bénéfice des chercheurs d’emploi bruxellois. Un accord de collaboration bilatérale avec l’agence pour l’emploi de Sardaigne est envisagé afin d’obtenir plus d’opportunités de stage pour les chercheurs d’emploi bruxellois.