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Question écrite concernant l'interdiction des drapeaux antifascistes de supporters dans le stade de l'Union Saint-Gilloise.

de
Els Rochette
à
Rudi Vervoort, ministre-président du gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale, chargé du développement territorial et de la rénovation urbaine, du tourisme, de la promotion de l'image de Bruxelles et du biculturel d'intérêt régional (question n°182)

 
Date de réception: 16/01/2020 Date de publication: 03/06/2020
Législature: 19/24 Session: 19/20 Date de réponse: 02/06/2020
 
Date Intitulé de l'acte de Référence page
13/03/2020 Recevable Bureau élargi du Parlement
 
Question    La Royale Union Saint-Gilloise est un club de football belge originaire de la commune de Saint-Gilles. Il a été fondé en 1897 et se produit depuis les années 20 au stade Joseph Marien. Affilié à la Fédération belge de football, le club porte le matricule 10. Ses couleurs sont le jaune et le bleu.

L'Union est connu pour son ambiance familiale et pour ses supporters qui n’hésitent pas à prendre position contre le racisme.

Les cris de singe ou autres comportements racistes inacceptables, dont Lukaku a notamment été victime dernièrement en Italie, sont inconcevables à l'Union.

Sur ce plan, leurs supporters font figure d’exemple pour de nombreux autres clubs en Belgique et à l'étranger.

Le club assume également son rôle social et a récemment mis en place un fonctionnement communautaire.

Sur son site web, on y lit notamment que : "L’Union est considéré comme un club de football bruxellois authentique, et il nous appartient dès lors de donner quelque chose en retour à la communauté locale. Il est de notre devoir moral de mettre en place des projets socialement pertinents à Bruxelles, en particulier dans notre secteur et plus précisément à Saint-Gilles et à Forest. Nous souhaitons mettre l'accent sur l'émancipation, le développement social et l’épanouissement de nos groupes cibles."

Les supporters portent des t-shirts et brandissent des drapeaux sur lesquels figure le slogan "Toute ma vie unioniste antifasciste". Un message qui symbolise et fait partie de l’identité du club. Le racisme et le fascisme sont inacceptables à l’Union !

Le samedi 11 janvier 2020, lors du match Union - OHLeuven, les supporters ont dû retirer leurs banderoles sur ordre de la police. Celle-ci avait déjà donné le même ordre lors d’un match à l’automne dernier.

Pour se justifier, la police parle de " provocation", ce qui est absurde et révoltant. Faut-il comprendre que les fascistes se sentent provoqués par ces bannières et qu’elles doivent dès lors être retirées ? Qu'un drapeau appelant à la violence ou affichant une croix gammée doit être traité de la même manière que ce message antifasciste ?

C'est incompréhensible et totalement inacceptable !

Au lendemain de l’incident raciste, Romelu Lukaku postait sur Instagram : "Nous sommes en 2019 et au lieu d'aller de l'avant, nous faisons un pas en arrière". L'Union royale belge des sociétés de football-association (URBSFA) a immédiatement soutenu son buteur et le championnat d’Italie de football (Lega Serie A) a également réagi en lançant une nouvelle campagne contre le racisme.

À une époque où les footballeurs sont régulièrement victimes du racisme, où les clubs européens font preuve d’un certain laxisme en la matière, on pénalise un club, exemplaire dans sa  lutte contre le racisme et qui s’évertue à créer un environnement sportif tolérant pour les footballeurs et les supporters.

Dans ce contexte, M. le ministre-président, je vous adresse les questions suivantes :

- Partagez-vous l’avis de la police pour justifier le retrait de ces bannières du stade ?

- Qui a émis cet ordre et sur quelle base ?

- Pouvez-vous vous engager à demander à la zone de police Midi de lever cette interdiction ?

- Je voudrais également vous demander de soutenir ce club modèle et ses supporters dans sa lutte contre le racisme et le fascisme.

- Enfin, il reste important de créer un cadre clair et d’organiser des formations pour l’École régionale et intercommunale de police de la Région de Bruxelles-Capitale (ERIP) sur la diversité, la discrimination, le racisme, le fascisme au cours desquelles la distinction entre messages de haine et autres types de message sera clairement abordée. Où en est-on à ce jour ?
     
 
 
Réponse    Votre question porte sur l’incident relatif au retrait d’un drapeau de supporters par la police locale dans le stade de l’Union Saint-Gilloise.

Cette matière ne relève pas de mes compétences mais de celles du Ministre de l’Intérieur et du Conseil de police de la zone concernée. Je propose de vous adresser à ces autorités pour de plus amples informations.

Les questions de discriminations et de délits de haine sont abordées dans les formations des aspirants inspecteurs organisées par l’ERIP dans les clusters ‘déontologie’, ‘crimes et délits contre personnes’ ainsi que dans un cours spécifique ‘Racisme et xénophobie’.