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Question écrite concernant la dératisation.

de
Fouad Ahidar
à
Alain Maron, ministre du gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale chargé de la transition climatique, de l'environnement, de l'énergie et de la démocratie participative (question n°196)

 
Date de réception: 27/01/2020 Date de publication: 28/04/2020
Législature: 19/24 Session: 19/20 Date de réponse: 27/04/2020
 
Date Intitulé de l'acte de Référence page
13/03/2020 Recevable Bureau élargi du Parlement
 
Question    En décembre 2019, Bruzz signalait les nuisances dues aux rats sur la Grand-Place de Bruxelles. Ma commune de Jette connaît également ces désagréments. En novembre 2019, lorsque les travaux de rénovation de la tour résidentielle Brunfaut à Molenbeek ont débuté, il s'est avéré qu'il y avait une énorme population de rats dans le bâtiment, qui était vide depuis trois ans. Ces rats ont peut-être quitté l'immeuble, mais ils sont toujours dans le quartier. Il y a des rats dans tout Bruxelles. C'est un problème pour nous tous. Nous devons empêcher les rats de trouver de la nourriture, de l'eau, des abris et des lieux de nidification dans notre Région.

Cette compétence ne dépend pas uniquement de vous en tant que ministre de l'environnement. La lutte contre les rats doit être menée sur plusieurs fronts à la fois. Elle nécessite, entre autres, une sensibilisation, une politique forte de propreté et de logement, une bonne gestion des chantiers, etc.

Qu'entends-je par-là ? Les bâtiments vides doivent être gérés de manière professionnelle, mais il est préférable qu'ils ne soient pas inoccupés. Les égouts bruxellois doivent être rénovés. Les espaces verts publics doivent être bien entretenus, les arbustes taillés, les accotements nettoyés. En outre, les sacs blancs pour les déchets ménagers devraient être remplacés par des conteneurs fermés. Aujourd'hui, en mettant nos poubelles à la rue, avec nos déchets de nourriture, nous offrons tous les quinze jours un buffet à la vermine.

Vous avez déjà fait part de votre souhait de mettre en place un organisme bruxellois de gestion des nuisibles, pour assurer la coordination entre les communes, la Région et les autres institutions (dont Vivaqua). Il serait préférable, selon moi, d’inclure également les restaurants et les magasins d'alimentation.

Mes questions sont les suivantes :

- Où en est la mise en place de l'organisme bruxellois de dératisation, dont Bruxelles Environnement examine la faisabilité juridique, pratique et financière ? Quand sera-t-il opérationnel ?

- Où en est le deuxième projet d'atlas des mammifères de Bruxelles Environnement ? Ce dernier vous renseigne-t-il sur la prolifération des rats et de la localisation des foyers ? Quels sont les constats ? Que faites-vous de ces informations ?

- Aujourd'hui, la dératisation est une compétence communale. On ne travaille pas de concert, les connaissances ne sont pas partagées. Avez-vous une idée du nombre d'employés par commune dans les services de lutte contre les nuisibles ? Quelle est votre analyse ? Combien de personnel ou de ressources supplémentaires sont-ils nécessaires pour lutter contre cette plaie ?

- Hormis la mise en place d'une organisation faîtière, vous devez collaborer avec vos collègues chargés de la propreté, du logement, des travaux publics, du bien-être des animaux, pour appliquer un ensemble de mesures. Comment collaborez-vous avec vos collègues en matière de lutte contre les nuisibles ? Y a-t-il une approche commune ? En quoi consiste-t-elle ?

- L'analyse porte-t-elle également sur les causes profondes de l'infestation de rats et sur le rôle de la politique de propreté ? Faites-vous une comparaison avec d'autres villes, où les déchets sont collectés dans des conteneurs fermés ? Évaluez-vous également comment cela peut contribuer à la lutte contre les nuisibles ? Quelles conclusions en tirez-vous ?
 
 
Réponse    Le contrôle des organismes nuisibles reste un défi majeur pour Bruxelles Environnement et cela nécessite une politique coordonnée. Comme il a été exposé précédemment (voir question orale, Mme Teitelbaum, octobre 2019), la création d'une organisation de gestion bruxellois ne concerne pas seulement les rats bruns, mais également une collection de différentes espèces nuisibles, dont les pigeons urbains, les chats errants, les espèces exotiques envahissantes, etc.

Le travail de construction de cette association régionale est en cours. Un bureau d’avocats travaille à la définition de son cadre juridique et de sa mise en œuvre effective. Les premières estimations financières du coût de lancement d’une telle association se chiffrent à 520.000 € (dont frais de personnel – 6 employés : un coordinateur, trois agents de terrain, un contremaître et un comptable externe.

L’
Atlas des mammifères permet d’effectuer un monitoring des espèces. Le nouveau projet d’atlas est en cours de finalisation. L’adjudicataire travaille en ce moment à l’intégration des remarques du comité de suivi du projet. Il apparait que les observations de rats bruns en RBC ont augmenté depuis 2001. Notons cependant que les outils de recensement ont aussi évolué, notamment avec la création d’un portail de saisie en ligne qui favorise naturellement le répertoriage des observations. Depuis 2001, nous observons également que la population couvre un territoire plus grand, autrement dit, des observations ont été signalées dans des endroits précédemment vierges de la présence de rats bruns.

Vous m’interrogez sur la
collaboration avec les administrations communales, les responsabilités et moyens de chacun. Je suis d’avis que cette problématique doit être traitée de manière coordonnée sur le territoire régional. Il n’est donc pas question de faire porter cette responsabilité aux communes seules, d’où cette réflexion sur la création d’une ASBL régionale de gestion des nuisibles.

La collaboration avec les autres membres du
gouvernement est bien sûre importante. Vous mentionnez notamment les liens avec la propreté publique. A cet égard, sachez que les modèles de poubelles de nos parcs régionaux sont tels que leur revêtement et leur forme ne permet à aucun animal de s’y accrocher. Pour les guinguettes, de grands coffres en bois avec couvercles servent de lieux de stockage des sacs poubelles jusqu’à leur évacuation par les équipes de la propreté. Les équipes de BE ne nous signalent des soucis de rats dans les poubelles des parcs qu’à titre exceptionnel.

La mise à disposition pour les Bruxellois.e.s de conteneurs rigides et fermés pour la collecte des déchets ménagers est également du ressort des communes. Certaines proposent effectivement à leurs riverain.e.s d’opter pour cette option afin d’éviter la prolifération des rats et que des animaux sauvages déchirent les sacs poubelles en rue. Il en va de même pour les déchets alimentaires où l’Agence Bruxelles-Propreté propose un conteneur orange à se procurer gratuitement au sein des administrations communales ou via les recyparks de la Région.