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Question écrite concernant la sensibilisation à la qualité de l’air.

de
Hilde Sabbe
à
Alain Maron, ministre du gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale chargé de la transition climatique, de l'environnement, de l'énergie et de la démocratie participative (question n°374)

 
Date de réception: 20/05/2020 Date de publication: 14/09/2020
Législature: 19/24 Session: 19/20 Date de réponse: 14/09/2020
 
Date Intitulé de l'acte de Référence page
01/07/2020 Recevable p.m.
 
Question    Début mars, le groupe de recherche Interface Demography de la Vrije Universiteit Brussel a publié les résultats d’une étude sur la pollution de l’air à Bruxelles. Il en ressort que les groupes socialement vulnérables souffrent davantage d’une mauvaise qualité de l’air.

La lutte contre la pollution atmosphérique est complexe, car de nombreux niveaux de pouvoir sont concernés. Même au sein des compétences bruxelloises, il y a plusieurs départements, tels que l’environnement, les finances, la mobilité, l’aménagement du territoire, mais surtout le logement. En effet, le chauffage produit d’importantes émissions.

Aujourd’hui, la sensibilisation à la mauvaise qualité de l’air est principalement le fait de groupes d’action. Les pouvoirs publics ont également un rôle à jouer ici. Les Bruxellois doivent comprendre la gravité de la pollution atmosphérique, mais ils doivent aussi comprendre pourquoi certaines mesures sont prises. Cela garantit une meilleure adhésion. Interface Demography recommande de mieux informer les citoyens et de diffuser encore davantage de données exactes grâce à des mesures de haute qualité à des endroits représentatifs.

Mes questions sont les suivantes :

- Dans l’accord de gouvernement figure l’engagement à améliorer le réseau de mesure de la qualité de l’air en augmentant les stations de mesures au rythme de minimum deux stations par an et en créant un réseau d’installations secondaires. Où en est-on ? Combien de stations de mesures y a-t-il ? Où se situent-elles ? A quel point l’objectif de deux stations par an est-il concrétisé : quelles mesures a-t-on déjà prises et où seront implantées les nouvelles stations de mesure ?

- Quelles installations secondaires y a-t-il ? Que mesurent-elles ? Où se trouvent-elles ?

- L’application « Brussels Air » a été développée sous la législature précédente. Combien d’utilisateurs ont-ils téléchargé cette application ? Combien de visites l’application enregistre-t-elle chaque jour en moyenne ? Combien de visites a-t-elle comptées sur un an au total ? Où se situent les pics, en termes de visites ? Merci de fournir les chiffres de 2018 et 2019.

- Les Bruxellois peuvent également être avertis via un système sms et courriel gratuit. Comment évolue le nombre d’abonnés à cette liste de diffusion ? Merci de fournir les chiffres de 2018 et 2019.

- Qui sont les utilisateurs de l’app ou les abonnés ? Disposez-vous de données sur leur âge, leur lieu de résidence, leur niveau de formation ? Dans l’affirmative, merci de m’en dire plus.

- Comment touchez-vous les Bruxellois des quartiers pauvres ? Quelles langues utilise-t-on ? Y a-t-il également une communication imprimée ?

- Outre le site, l’app et la liste de diffusion, y a-t-il encore d’autres canaux d’information en temps réel (p.ex. dans l’espace public) ? Lesquels ?

- On peut lire dans l’accord de gouvernement que le gouvernement appuiera toute initiative de collaboration entre les citoyens et le monde scientifique visant à vérifier, sensibiliser et diffuser les informations liées à la qualité de l’air. Quelles initiatives de collaboration bénéficient-elles d’un appui ? Merci de me communiquer un relevé des organisations, des moyens et des groupes cibles ou domaines visés.
 
 
Réponse   

1)

La mesure de la qualité de l’air est constituée de deux axes principaux : d’une part la mesure des concentrations de polluants afin de répondre aux directives européennes, et d’autre part la diffusion de cette information et de l’impact de la pollution de l’air sur la santé humaine auprès des citoyens et des acteurs bruxellois pertinents.

 

 

L’objectif du premier axe est de respecter les directives européennes et de s’assurer que celles-ci sont bien respectées partout à Bruxelles. Le réseau de mesure, dans sa configuration actuelle, rencontre les obligations fixées dans les directives européennes 2008/50/CE et 2015/1480/CE et va même bien au-delà puisque le nombre de stations de mesure est généralement deux fois supérieur au minimum requis dans la réglementation européenne. Toutefois, il nous semble pertinent de tout de même renforcer ce réseau, notamment en vue de mieux comprendre l’exposition des bruxellois à la pollution de l’air issue du trafic urbain. Il est donc effectivement prévu de renforcer le réseau de stations de mesure bruxellois au cours des années à venir. L’objectif de ce renforcement sera double : il s’agira à la fois de mesurer la pollution de l’air dans les sites urbains à trafic très dense, mais aussi étudier l’intérêt des piétonniers urbains pour lutter contre la pollution de l’air.


Lors de l’installation de ces stations de mesure, une attention particulière sera évidemment portée au respect des critères d’implantation déterminés par les directives européennes. A ce stade, l’administration de Bruxelles-Environnement continue sa prospection des sites les plus adaptés, et l’installation d’une première station sur un axe à trafic dense devrait être mise en route vers la fin de cette année ou début 2021 au plus tard. Les autres suivront rapidement.

 

A côté de cela, il est important d’également agir sur le second axe de travail : l’information et la sensibilisation des acteurs bruxellois. A ce sujet, une réflexion est en cours au sein de Bruxelles Environnement pour évaluer les possibilités de développer, à court, moyen et long terme de nouveaux outils sur la qualité de l’air et de mieux en diffuser les résultats ainsi que les connaissances de l’administration au sein du grand public et des acteurs pertinents (ex : médecins, écoles, hôpitaux, …).

2)

Mieux identifier les hotspots de pollution de l’air à Bruxelles est important, afin de pouvoir mieux comprendre ses déterminants et l’exposition de la population bruxelloise.

 

Notre administration analyse donc la possibilité d’installer à Bruxelles un réseau de mesure secondaire de la pollution de l’air. 

 

3)

En octobre 2019, Google Analytics (où sont hébergées toutes les statistiques concernant l’application BrusselsAir) a changé de système de reporting et est devenue Firebase Analytics. Les chiffres de 2018-2019 ne sont plus disponibles pour l’application, les données ayant été supprimées des serveurs au début de cette année. Les chiffres qui suivent présentent la période janvier-juin 2020, mais donnent une bonne indication de l’utilisation de cette application.

 

Nombre de téléchargements : le nombre de téléchargements était de presque 10.000 fin 2019. En ajoutant les nouveaux utilisateurs actifs de cette année, nous arrivons à environ 12.300 téléchargements.

 

Nombre de visiteurs sur une année : Voici les statistiques pour les 6 premiers mois de l’année (jan-juin 2020) : « 77K views, 228K events and 19K sessions ».

 

Quand on traite des applications, on parle des « active users », c’est-à-dire ceux qui ouvrent de temps en temps l’application. De janvier à juin 2020, l’application a donc été utilisée par 4.100 utilisateurs actifs et a enregistré 2.300 nouveaux utilisateurs uniques (personnes ayant téléchargé l’application pendant cette période).

 

Nombre de visiteurs par jour et pics de visites : le nombre d’utilisateurs actifs de l’application évolue entre 120 et 380 personnes par jour. Des pics sont observés le jour des alertes de pollution, mais celles-ci restent assez rares.

 

 

A titre d’information complémentaire, voici les statistiques de fréquentation pour le site internet www.qualitedelair.brussels de juillet 2018 à juillet 2020. On observe par exemple un pic de 5.300 visiteurs le 9 avril 2019 (pollution aux PM10 : seuil d’information déclenché).

 

4)

Voici le nombre de mails et sms envoyés via CM pour la période 2018 – 2019 :

 

# sms nl : 2.434

# sms fr : 4.287

# mails nl : 1.364

# mails fr : 1.824

 

Le nombre d’abonnés à ces listings n’évolue pas car il a été décidé de remplacer le système de mails et de sms (assez coûteux) par une notification de l’application Brussels air, et par l’inscription aux alertes CELINE. A terme, ces listings spécifiques à Bruxelles Environnement vont donc disparaître. Sur le site www.qualitedelair.brussels, le formulaire d’inscription à ces listings a été remplacé par un lien pour s’inscrire aux alertes CELINE. Lors d’une alerte, la CELINE n’envoie que des mails.

 

5)

Nous avons très peu d’informations sur le profil des utilisateurs dans les rapports de Firebase Analytics, car Bruxelles Environnement ne collecte pas les données personnelles des utilisateurs via l’application Brussels Air.

 

Voici les informations dont nous disposons (chiffres jan-juin 2020) :

 

Outre les bruxellois francophones, l’application semble être populaire dans la communauté des expatriés européens. On observe par exemple un relai sur les réseaux sociaux dans ces communautés, et l’usage assez large de la langue anglaise est un second bon indicateur.

 

 

Les statistiques dont nous disposons pourraient également permettre de donner une tendance des communes où celle-ci est la plus utilisée, mais restent trop imprécises que pour en tirer des conclusions. 

 

6)

Lors de ses campagnes, le public-cible de Bruxelles Environnement est en général le grand public bruxellois (c’est-à-dire issu des 19 communes). Une distinction en termes de classes sociales n’est pas opérée, sauf dans des cas spécifiques.

Dans le cadre de la LEZ, par exemple, une attention particulière est accordée à certains publics fragilisés (seniors, personnes en fracture numérique, personnes précaires, PMR, etc.) pour les informer et les accompagner dans leurs déplacements - via des visites de mobilité et un coach en mobilité. 

 

 

Lors du choix des médias utilisés pour communiquer sur la pollution de l’air ou les diverses initiatives en la matière, une attention particulière est portée sur l’objectif de toucher toutes les couches de la population, en variant par exemple les radios utilisées pour la diffusion des spots, en faisant de l’affichage en voirie et en ciblant les campagnes digitales. Par ailleurs, Bruxelles Environnement est constamment en réflexion afin de toucher efficacement les publics qui ne sont pas du tout sensibilisés aux problématiques environnementales.

 

En tant qu’administration régionale, Bruxelles Environnement communique par ailleurs sur ses initiatives en néerlandais et en français pour ses communications officielles, mais certains outils (notamment liés à la LEZ) ont également été traduits en anglais et en allemand.

 

La stratégie de communication de Bruxelles Environnement tend vers la réduction des impressions papier sur le long terme, mais certains outils « qualité de l’air » sont néanmoins disponibles, comme la brochure « pic de pollution », la brochure « LEZ », ou la brochure « mobilité ».

 

Enfin, le call center de Bruxelles Environnement est particulièrement accessible aux personnes ne disposant pas de matériel informatique ou ne souhaitant pas en utiliser.

7)

Si la question porte ici uniquement sur les chiffres de mesure de la qualité de l’air, il n’existe pas actuellement d’autre moyen pour consulter en temps réel les mesures journalières des stations que le site www.qualitedelair.brussels et l’application Brussels Air (en plus du site interregional d’Irceline et de l’application interregionale d’Irceline BelAir). Un relai du pollumètre est également effectué sur le site de Bruxelles Environnement.

 

L’espace public est utilisé lors des campagnes LEZ, notamment via de l’affichage en voirie.

 

A titre d’information, une expérience a été menée en collaboration avec Bruxelles Mobilité à l’occasion de la semaine de la mobilité en septembre 2019 : une station de mesure temporaire a été installée sur le piétonnier. Les niveaux de pollution étaient consultables en temps réel sur un écran, et ont été analysés et explicités par le laboratoire de BE par la suite. L’objectif était de comparer la qualité de l’air avant et après les travaux du piétonnier. C’est une action que nous envisageons de réitérer dans le futur : par exemple en installant une station de mesure dans un environnement avant réaménagement urbain, puis après, et comparer les gains en termes de qualité de l’air.

 

8)

 

La population bruxelloise a déjà démontré à de nombreuses reprises son vif intérêt pour les questions liées à la pollution de l’air. Cette question, étroitement liée à la santé publique, est effectivement importante pour tout un chacun. Il est donc important de renforcer la collaboration entre les experts, l’administration et les citoyens.

 

Plusieurs axes de travail sont à cet égard développés :

 

-          Subventionnement de projets de sensibilisation à la qualité de l’air. En 2020, une subvention sera accordée au BRAL pour sensibiliser la population bruxelloise au travers d’un débat interactif et informé, auquel les citoyens participent pour mieux comprendre, et soutenir des choix individuels et publics visant l’amélioration environnementale. Le focus porte toujours sur l’exposition aux toxiques contenus dans l’air, mais le BRAL souhaite désormais cibler le complexe mobilité-énergie-santé-qualité de vie. Une attention particulière sera portée à la sensibilisation des publics précarisés.

 

-          Comme indiqué dans la réponse à la question 1, une réflexion est en cours au sein de Bruxelles Environnement pour évaluer les possibilités de développer, à court, moyen et long terme, de nouveaux outils sur la qualité de l’air et de mieux en diffuser les résultats et les connaissances de l’administration au sein du grand public et des acteurs pertinents (ex. médecins, écoles, hôpitaux, …). Plus d’informations vous seront évidemment communiquées à ce sujet dès que ces projets auront abouti.

 

En parallèle à cela, des réunions régulières entre l’administration, le cabinet et impliquant les groupes citoyens sont également organisées, afin de contribuer à la diffusion des résultats des nombreuses initiatives prévues sur la qualité de l’air.