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Question écrite concernant les demandes d'hébergements liées aux violences conjugales.

de
Nicole Nketo Bomele
à
Nawal Ben Hamou, secrétaire d'État à la Région de Bruxelles-Capitale en charge du logement et de l'égalité des Chances (question n°400)

 
Date de réception: 23/10/2020 Date de publication: 14/01/2021
Législature: 19/24 Session: 20/21 Date de réponse: 03/12/2020
 
Date Intitulé de l'acte de Référence page
03/11/2020 Recevable p.m.
 
Question    Les mesures de confinement ont engendrées une augmentation des demandes d’hébergements dues aux violences conjugales en région Bruxelloise. D’après une étude de l’organisme « Bruxelles prévention et sécurité », ces demandes ont augmentées de « 253% » en avril.

- Quel est précisément le nombre de femmes victimes de ce phénomène ?

- Des nouveaux centres d’hébergements ont-ils été créés pour faire face à ce phénomène ? Si oui lesquels?

- Quelle est la tendance observable en période de post-confinement, les demandes d’hébergements ont-elles baissées de façon significative ? Si oui quel est leur taux à l’heure actuelle ?
 
 
Réponse    Comme vous l’indiquez dans votre question, la crise du COVID19 s’est avérée particulièrement pénible pour les personnes qui sont confrontées à des violences de la part de leurs partenaires.

Suite à ces constats, j’ai participé dès le mois de mars, à diverses initiatives afin d’intervenir de manière coordonnée. C’est ainsi que les task forces bruxelloise et intra-francophone violence familiale ont été créées et qu’au sein de la conférence interministérielle sur les droits des femmes, des initiatives ont vu le jour et font à présent l’objet de discussions.

Il est difficile de donner des chiffres précis quant au nombre de victimes de violence entre partenaires depuis que les mesures de confinement ont été prises.

En effet, tous les signalements des victimes ne parviennent pas dans les filières officielles de signalement et de déclaration.

En outre, il ressort de l’analyse de Bruxelles Prévention et Sécurité (
https://bps-bpv.brussels/fr/nouvelle-publication-les-violences-intrafamiliales-en-region-de-bruxelles-capitale-en-periode-de) mentionnée dans votre question, que le nombre de p.-v. et d’enregistrements à la police a baissé durant le confinement de mars. Les experts attirent l’attention sur le contexte : en raison du manque de contacts sociaux et des possibilités d’être seul(e), il est d’autant plus difficile pour les victimes de se déplacer afin de signaler ou de déclarer les violences.

Les chiffres des lignes d’assistance parlent d’eux-mêmes : le nombre d’appels téléphoniques a triplé, tant sur les lignes d’assistance francophones que néerlandophones et on a assisté à une augmentation exponentielle du nombre de contacts par chat.


Quant aux demandes d’accueil, le Centre de Prévention des Violences conjugales et familiales a noté une augmentation de pas moins de 253%.

Par ailleurs, les experts prédisent que de nombreuses victimes de violence domestique attendent la fin des mesures COVID pour entreprendre des démarches afin de mettre fin à cette violence.


En ce qui concerne l’accueil supplémentaire, la COCOF et la VGC ont pris des initiatives pour prévoir des places d’accueil supplémentaires, par exemple via l’aménagement temporaire d’un hôtel comme lieu d’accueil pour les victimes et leurs enfants.

Dans le Plan bruxellois de lutte contre les violences faites aux femmes, une mesure est également prévue à cet effet (action 49) :
Créer un refuge, lieu d’hébergement temporaire, en vue d’accueillir les femmes victimes de violences avec ou sans enfants, qui sont dans l’attente d’une solution plus durable de logement.

Cette mesure relève de la responsabilité de Bruxelles Logement, de la SLRB et de la CCC. Elle a pour but d’augmenter sensiblement le nombre de places d’accueil pour les femmes victimes de violences et d’exclusion de leur domicile. Le lieu devra également permettre de répondre à la demande de femmes isolées ou accompagnées d’enfants.


En ce qui concerne la période après le premier confinement et l’impact de l’assouplissement des mesures, il ressort d’une enquête auprès des refuges que ceux-ci sont complets et qu’il y a des listes d’attente pour certains refuges. En outre, les centres d’aide se voient parfois obligés de réduire la capacité d’accueil de leur centre afin de pouvoir respecter les mesures COVID19. Les demandes d’accueil sont donc loin d’avoir baissé après l’assouplissement des mesures, au contraire, l’effet du confinement se fait ressentir pleinement plusieurs mois plus tard.