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Question écrite concernant l'appel d'urgence de l'horeca bruxellois au gouvernement régional bruxellois.

de
Emin Özkara
à
Barbara Trachte, secrétaire d'État à la Région de Bruxelles-Capitale, en charge de la transition économique et de la recherche scientifique (question n°331)

Matière(s):
 
Date de réception: 14/01/2021 Date de publication: 23/04/2021
Législature: 19/24 Session: 20/21 Date de réponse: 20/04/2021
 
Date Intitulé de l'acte de Référence page
01/03/2021 Recevable p.m.
 
Question    Je vais dresser un état des lieux du secteur de l'HoReCa bruxellois avec les mots utilisés par la Fédération Horeca Bruxelles (1) pour décrire la situation catastrophique dans laquelle se retrouve des milliers d'établissements du secteur HoReCa qui, je le rappelle, est le premier pourvoyeur d'emplois en Région de Bruxelles-Capitale et qui subit de plein fouet, depuis bientôt une année, la crise de la Covid-19.

"
L’année 2020 a été une année horrible pour le secteur Horeca.

Nos hôtels bruxellois ont perdu plus de 75 % de leur chiffre d’affaires, 80 % d’entre eux sont fermés. Les touristes ont déserté la capitale. Les congrès, les salons, les réunions d’affaires n’existent plus.

Nos restaurateurs ont vu leur chiffre d’affaires diminué de 80 % et plus de 90 % pour les traiteurs événementiels. Nos bars et le monde de la nuit sont fermés depuis le mois de mars 2020, sans aucun revenu ! C’est la catastrophe.

A cette date, plus de 3000 salariés ont perdu leur emploi. Nous craignons la perte de 10.000 emplois durant cette année 2021.

Ceci est un constat et un énorme cri d’alarme.

L’Horeca bruxellois appelle donc le gouvernement Bruxellois à l’aide.

Il faut agir MAINTENANT ou il sera trop tard.

Le gouvernement bruxellois a soutenu les hôtels (200 établissements au total) à hauteur d’une vingtaine de millions. Une aide substantielle mais une goutte d’eau par rapport aux pertes subies.

Les importantes entreprises de restauration, cafetiers, traiteurs, etc. énormes pourvoyeurs d’emplois, n’ont été soutenu qu’à hauteur de 7.000 euros par établissement. Une micro-gouttelette dans une mer de dette et de charges.

Ces entreprises ont des charges égales à celles des hôtels bruxellois et emploient beaucoup plus de main-d’œuvre.

Comment survivre avec un soutien de 7.000 euros d’aide de la région depuis le 13 mars 2020 ?

Si certains crédits ont été accordés à certaines entreprises durant période de réouverture, ceux-ci doivent maintenant être remboursés. Avec la fermeture, ces charges mensuelles ne peuvent être payées étant donné que l’Horeca est toujours à l’arrêt, fermé ou en train de mourir
. "

Suite à cet état des lieux catastrophique, je souhaiterais vous poser les questions suivantes :

1. Une réunion d'urgence est-elle à l'ordre du jour afin de soutenir le secteur HoReCa bruxellois ?
2. De nouvelles mesures d'aide financière sont-elles à l'étude ou vont-elles être mises en œuvre afin d'aider concrètement le secteur de l'HoReCa bruxellois ?
3. Quelles sont les solutions recherchées et/ou envisagées par votre cabinet et votre administration afin de préserver et/ou fournir des liquidités aux établissements du secteur HoReCa bruxellois ?
4. Au niveau des taxes, quelles sont les solutions recherchées avec le cabinet du Ministre bruxellois en charge du Budget et les communes bruxelloises pour supprimer le paiement de certaines taxes afin de préserver le peu de liquidités dont disposent les établissements du secteur HoReCa bruxellois ?

Fédération Horeca Bruxelles, "
Appel d’urgence de l’Horeca au gouvernement bruxellois !", https://www.horecabruxelles.be/urgence-horeca-coronavirus/ , consulté le 13 janvier 2021.
 
 
Réponse    La situation du secteur des hébergements, cafés et restaurants est effectivement très difficile. Mon cabinet et moi-même, en collaboration avec les cabinets du Ministre-Président, du Ministre du budget et du Ministre de l’emploi, avons rencontré les représentants du secteur à de nombreuses reprises, tant au niveau des fédérations professionnelles que des syndicats. A côté des aides déjà disponibles :
- Mesure de soutien au paiement des loyers commerciaux ;
- Prêt « Recover » qui sera relayé par le prêt « Oxygen » ;
- Prêts subordonnés pour les établissements de plus de 10 ETP ;
- Prêt « proxi ».

Ce 15 avril 2021, le Gouvernement a approuvé en seconde lecture le dispositif de prime dite « tetra » à destination des secteurs économiques les plus touchés par la crise, pour un montant total de près de 117 millions d’euros. Il concerne les secteurs suivants :
- Les restaurants et cafés ainsi que leurs fournisseurs principaux ;
- Les entreprises actives dans l’événementiel, la culture, le sport et le tourisme ;
- Les discothèques.

Ces entreprises sont essentielles pour Bruxelles, son image, son attractivité et son dynamisme économique. Derrière celles-ci, ce sont des milliers d’entrepreneur.e.s, de travailleurs et travailleuses qui sont privés d’activités et de perspectives depuis des mois.

Les nombreuses rencontres et discussions avec les organisations représentatives des employeurs, des classes moyennes, et des travailleurs de la Région de Bruxelles-Capitale ont permis d’affiner les mécanismes et prendre en compte la réalité du terrain.

Ce dispositif d’aide prendra la forme d’une prime variable dont le montant sera fixé en fonction :
- Du nombre d’équivalent temps plein (ETP) de l’entreprise ;
- De la baisse du chiffre d’affaires.

Il s’agit donc d’une approche d’aides plus ciblées pour des secteurs précis.

Selon le secteur concerné, les montants des indemnités se situeront dans les fourchettes suivantes :
- Pour le secteur ReCa, leurs principaux fournisseurs : de 10.500 à 54.000 euros ;
- Pour le secteur de l’événementiel, de la culture, du tourisme et du sport : de 8.750 à 45.000 euros ;
- Pour les discothèques : de 81.250 à 125.000 euros.

La gestion de ces primes sera mise en œuvre par Bruxelles Économie et Emploi. Elle est disponible à partir du 19 avril 2021. En ce qui concerne les mesures fiscales, je me permets de vous renvoyer vers mon collègue Sven Gatz pour la Région et vers mon collègue Bernard Clerfayt pour la fiscalité communale.