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Question écrite concernant le réseau CEASE.

de
Nicole Nketo Bomele
à
Sven Gatz, ministre du gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale, chargé des finances, du budget, de la fonction publique, de la promotion du multilinguisme et de l'image de Bruxelles (question n°299)

 
Date de réception: 19/03/2021 Date de publication: 29/04/2021
Législature: 19/24 Session: 20/21 Date de réponse: 23/04/2021
 
Date Intitulé de l'acte de Référence page
29/03/2021 Recevable p.m.
 
Question    Le vendredi 23 novembre 2018 POUR LA SOLIDARITÉ-PLS lançait le Réseau CEASE, en Belgique : l'occasion de signer officiellement la Charte des entreprises et organisations engagées contre les violences conjugales. Depuis lors, 18 entreprises et organisations belges, du secteur public comme privé ont rejoint le Réseau CEASE. Un acte fort et symbolique illustrant la motivation des employeurs à s'impliquer sur ce sujet. Parmi les signataires : le Service public régional de Bruxelles.

En Belgique, une femme sur trois est, a été ou sera victime de violences au cours de sa vie. Ces violences, qu'elles soient physiques, verbales, psychologiques ou économiques, ont évidemment un impact sur la vie professionnelle des personnes concernées (source : IEFH, 2017) :

- 72,9% des victimes de violence domestique indiquent que celle-ci a un impact sur leurs aptitudes au travail, ce qui se traduit notamment par le fait d'être fatiguée (30,7%), distraite (29%), malade (21,2%) mais aussi par un certain absentéisme (40,8%);
- Les personnes confrontées à de la violence domestique indiquent avoir besoin de s'absenter du travail, notamment pour assister à des rendez-vous médicaux (37,1%), chercher un logement (15,4%), bénéficier d'un soutien psychologique (13,1%) ou assister à des audiences au tribunal (12,7%);
- 28,5% des collègues d'une personne victime de violence domestique indiquent ressentir du stress ou de l'inquiétude pour leur collègue.

Mes questions sont donc les suivantes :

1) Est-ce que le personnel du SPRB a déjà pu bénéficier de formation(s) sur les violences conjugales ?
2) Si oui, avec quel retour ? Si non, est-ce que ça a déjà été envisagé ?
3) Est-ce que des campagnes de sensibilisation systématiques sont réalisées au sein des administrations ?
 
 
Réponse    Je vous remercie de votre question, qui me permet de souligner l'importance de l'environnement de travail dans la lutte contre la violence entre partenaires.

Comme vous le savez, la violence entre partenaires est un phénomène fréquent. Il ressort d'une enquête de l'Institut pour l'Egalité des Femmes et des Hommes que
par an, 12,5% des personnes interrogées ont subi au moins une forme de violence entre partenaires. Vu l’importance de l’effectif du SPRB, le nombre de personnes susceptibles de vivre des situations de violence à domicile est donc très élevé, et la crise sanitaire n'a fait qu'accroître les tensions et l'isolement.

En outre, une étude a montré que
plus de la moitié des victimes de violence entre partenaires parlent au travail de ce qu'elles vivent. Compte tenu de l'isolement social dans lequel se trouvent ces personnes - surtout en cette période de crise sanitaire -, les collègues et les managers peuvent jouer un rôle crucial pour briser la spirale de la violence.

En 2018, le Service public régional de Bruxelles a été l'une des toutes premières organisations à signer la charte CEASE. En tant que précurseur parmi les institutions publiques, le SPRB s'est engagé à réaliser plusieurs actions, notamment :

- accroître la sensibilisation au problème au travail.
- développer une politique et des formations.
- favoriser l'accès aux organisations d'aide.
- mettre en place un réseau interne de parties prenantes.

En 2019, equal.brussels, en collaboration avec le manager diversité du SPRB a organisé une première formation sur la détection de la violence entre partenaires et le traitement des victimes destinée aux personnes clés du SPRB. Cette formation a été accueillie très positivement, et a donné lieu à une demande de plus d'informations et d'outils pour les personnes clés (personnes de confiance, managers des assistants sociaux, etc.).

Grâce aux subventions de projet d'equal.brussels et de talent.brussels, les organismes publics régionaux participent cette année au projet DPO (=Détection, Prise en charge et Orientation). Via ce projet, les personnes clés des organismes régionaux recevront du matériel de sensibilisation validé par un groupe d'experts ainsi qu'une formation sur l'accueil des victimes et la manière de bien les orienter.



En ce qui concerne les campagnes au sein du GOB, il est vrai qu'une campagne interne est organisée de manière systématique au moment de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes. Autour de cette date, des rubans blancs sont distribués ainsi que des informations sur la violence et sur les lignes d'aide existantes, à l'intérieur et à l'extérieur de l'organisation. Chaque année, les agents du SPRB sont également invités à assister equal.brussels dans son action publique du 25/11, où des rubans blancs sont distribués à la population bruxelloise.

Le plan d’actions de la diversité du SPRB pour 2021-2022 comprend deux actions relatives aux conditions de travail sécurisantes et soutenantes pour les agent.e.s qui subissent des violences domestiques à savoir :

1. L’invitation en priorité des conseiller/ère.s en prévention, des personnes de confiance, des acteurs sociaux et médicaux (Cellule BET, service social, délégué.e.s syndicaux/ médecin du travail et infirmiers/ères) aux formations organisées par talent.brussels (ou d’autres organisations) sur la détection, l’accompagnement et le soutien d’agent.e.s qui subissent des violences conjugales et prévoir la possibilité d’étendre la formation aux managers du SPRB.

 
2. La distribution de la boîte à outils et le kit de communication réalisé par equal.brussels, via le projet « DPO » mentionné ci-dessus, en collaboration avec talent.brussels reprenant des bonnes pratiques et du matériel de sensibilisation sur la violence contre les femmes, au sein du SPRB en priorité vers les personnes de la 1
ère ligne (conseillers/ères en prévention, personnes de confiance, cellule BET, …) . En assurer la promotion sous forme digitale avec une attention particulière pour les managers et responsables d’équipe via l’intranet et/ou la News « Horizon »avec le cas échéant création d’une rubrique spécifique et communication via le digital signage au sein de la Tour Iris.