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Question écrite concernant les jeunes entrepreneurs/euses (starters) et l'écosystème entrepreneurial bruxellois.

de
Emin Özkara
à
Barbara Trachte, secrétaire d'État à la Région de Bruxelles-Capitale, en charge de la transition économique et de la recherche scientifique (question n°30)

Matière(s):
 
Date de réception: 12/12/2019 Date de publication: 07/02/2020
Législature: 19/24 Session: 19/20 Date de réponse: 07/02/2020
 
Date Intitulé de l'acte de Référence page
16/12/2019 Recevable p.m.
 
Question    Selon le secrétariat social Partena Professional, la proportion d’entrepreneurs en Belgique figure parmi les plus faibles d’Europe et un jeune entrepreneur sur trois n'est pas conscient des avantages sociaux dont il peut bénéficier.
Vous le savez, « 
l’écosystème entrepreneurial bruxellois » (EEB) a connu diverses évolutions constructives ces dernières années sous l’impulsion du précédent Ministre en charge de l’Économie et de l’Emploi, M. Didier Gosuin (DéFI), et la jeunesse bruxelloise dans sa diversité a particulièrement été sensibilisée aux opportunités liées au monde des affaires, et cela afin de lui permettre d’exprimer tout le potentiel entrepreneurial dont elle dispose. Malheureusement, et malgré les avancées réalisées, il me revient qu' une partie non négligeable de jeunes entrepreneurs/euses bruxellois/es sont encore confrontés à des obstacles administratifs, de coordination et de synchronisation entre différents acteurs et services de cet écosystème. Cet état des choses freine et décourage ces derniers. Autrement dit, cela ne va pas encore assez vite et s'est encore trop compliqué ! Exemple d'effet de bord rencontré concrètement sur le terrain : un entrepreneur ou entrepreneuse qui passe à l'action (starter) doit parfois, dans certaines circonstances, attendre plusieurs mois, voire plus d’un an dans certains cas, avant de pouvoir ouvrir officiellement son commerce et commencer son activité rémunératrice. L’impact économique causé par lesdits obstacles et l'attente est alors souvent dramatique pour ces starters qui ont bien souvent placé toutes leurs économies et espoir dans un projet entrepreneurial. Pour résumer, des starters peuvent ainsi se retrouver avec un projet entrepreneurial complètement bloqué (attente d'un permis, d'une régularisation,…), mais avec des charges elles qui sont bien réelles et qu'ils/elles doivent continuer à payer mensuellement (loyers, électricité, assurances,…).
Madame la Secrétaire d'Etat, en votre qualité de Secrétaire d'Etat à la Région de Bruxelles-Capitale (RBC), chargée de la Transition économique et de la Recherche scientifique (compétences déléguées par le Ministre Alain Maron), pourriez-vous nous détailler la situation des starters bruxellois et de l’EEB selon les rubriques suivantes :
En ce qui concerne vos compétences,
1. Quelles sont les administrations et autres services publics relevant de votre compétence ou de votre tutelle qui s’attèlent à soutenir et informer les jeunes bruxellois et les
starters pour leur permettre de lancer leur propre affaire ?
2. Quels sont les actuels obstacles à l’entrepreneuriat rencontrés par la jeunesse bruxelloise et les
starters ? Des réflexions ont-elles été initiées au sein de votre cabinet afin de tenter de lever les obstacles existants ?
3. Un guichet unique ou un service centralisant
toutes les informations, primes et subsides disponibles pour favoriser et soutenir la jeunesse bruxelloise et les starters est-il disponible actuellement ? Si oui, à combien de reprises a-t-il été sollicité en 2018 et 2019, année par année ?
4. Quels sont les moyens et outils de sensibilisations à l’entrepreneuriat subventionnés par la Région actuellement disponibles afin de renforcer la culture entrepreneuriale chez la jeunesse bruxellois.es ? A quelle fréquence est effectuée la sensibilisation des jeunes bruxellois.es ?
5. Actuellement, quelle est la proportion de
starters (en chiffre absolu et en pourcentage) ? Quelle était cette proportion en 2018 ?
6. Quelle est la répartition de
starters par genre, par catégorie d’âge, par niveau d’étude et par commune de résidence ?
7. Depuis 2018, observe-t-on une augmentation ou une diminution des
starters, année par année ?

La proportion d'entrepreneurs en Belgique figure parmi les plus faibles d'Europe, mis à jour le 11/12/2019 à 19:09 par Belga,
https://www.lesoir.be/266338/article/2019-12-11/la-proportion-dentrepreneurs-en-belgique-figure-parmi-les-plus-faibles-deurope , consulté le 12 décembre 2019.
 
 
Réponse    Les entrepreneur.e.s bruxellois.es peuvent se tourner vers :
- hub.brussels (accompagnement) et 1819 (information et sensibilisation) ;
- citydev.brussels (localisation) ;
- finance.brussels (financement) ;
- Bruxelles Economie et Emploi (subsides, autorisations d’exercer - entre autres les accès à la gestion et à la profession -, appels à projets) ;
- Innoviris (financement et innovation)

Ces 4 organismes / administrations s’adressent aussi bien aux starters qu’aux entreprises.

A côté de ces structures publiques, on trouve aussi des acteurs subsidiés par la Région (et orientés vers les starters) :

- de façon structurelle :
* les 5 guichets d’économie locale (accompagnement)
* les 8 centres d’entreprises (localisation)
* les 4 incubateurs (localisation et accompagnement)

- de façon ponctuelle via les appels à projets coordonnés par Bruxelles Economie et Emploi (acteurs privés). On y retrouve les 5 programmes d’accompagnement (détails dans la réponse à la question 2) destinés aux jeunes désireux d’entreprendre, coordonnés par le 1819 via la stratégie Young Entrepreneurs of Tomorrow.


Les principaux obstacles auxquels sont confrontés les entrepreneur.e.s bruxellois.es sont :
- la difficulté d’accès au financement ;
- la lourdeur administrative ;
- la méconnaissance de l’offre et des aides. 
Et plus spécifiquement pour les jeunes :
- le peu de fonds propres ;
- le besoin d’un accompagnement spécifique.

Afin de suivre au mieux les difficultés des entrepreneur.e.s, hub.brussels est en charge de présenter annuellement au Conseil de Coordination Economique « 
la liste des principales difficultés auxquelles les entreprises installées ou souhaitant s’installer en Région de Bruxelles-Capitale sont confrontées régulièrement dans l’application des règles et pratiques administratives ».


Cette « liste des besoins » est constituée sur base des témoignages recueillis auprès des starters et entrepreneur.e.s que les administrations et notamment hub.brussels accompagnent au fil de l’année ainsi que des principaux besoins dont font état les entrepreneur.e.s lorsqu’ils appellent le service régional 1819.


Le 1819 est le service régional de sensibilisation, d’information et d’orientation pour tou.te.s les entrepreneur.e.s bruxellois.es. Il s’agit d’un service universel s’adressant à tou.te.s quel que soit le stade d’avancement du projet, l’âge, le sexe, le statut.

Il a traité :
- en 2018 : 8.490 demandes
- en 2019 : 8.538 demandes

Le 1819 met aussi à disposition un site internet riche en informations et en outils pratiques,
www.1819.brussels.

- en 2019 : 50.043 visites

En 2016, la Région a confié au 1819 la mise en œuvre de la stratégie régionale de sensibilisation des jeunes à l’entrepreneuriat –
Young Entrepreneurs of Tomorrow (YET).

YET s’articule autour de 3 piliers d’actions, alimentées par un réseau transversal fédérant les partenaires concernés par l’entrepreneuriat à Bruxelles. Chaque pilier a un public cible spécifique et est composé d’actions différentes. Ces actions visent les objectifs suivants :

- Diffuser et vulgariser la culture entrepreneuriale auprès des jeunes bruxellois.es (pilier 1) ;
- Favoriser et soutenir l’acquisition de connaissances et de compétences entrepreneuriales (pilier 2) ;

- Favoriser le passage à l’acte, permettant la concrétisation du désir d’entreprendre à court terme (pilier 3).


Dans le cadre du pilier 1, YET a mis en place des activités d’information, de sensibilisation et de communication destinées à diffuser la culture de l’entrepreneuriat via un site, les réseaux sociaux et des campagnes digitales, une newsletter, des événements ainsi que la valorisation de bonnes pratiques en entrepreneuriat. YET en partenariat avec de nombreux partenaires a organisé depuis 2017 3 éditions de la semaine thématique « entrepreneuriat jeune » ainsi qu’un concours d’émulation valorisant les initiatives existantes menées afin de récompenser les structures offrant un cadre stimulant pour développer l’esprit d’entreprendre des jeunes bruxellois.es. Par ailleurs, les conseiller.e.s en information et orientation interviennent dans les auditoires de hautes écoles telles que l’Ehb, EPHEC, ISIB, ISAT, ISALT, HEFF, …

Dans le cadre des piliers 2 et 3, YET a suscité de nombreux partenariats entre opérateurs de terrain experts en sensibilisation à l’entrepreneuriat et en accompagnement des jeunes désireux d’entreprendre. YET a fait naître via un appel à projet spécifique 14 projets qui ont permis de sensibiliser près de 14.000 jeunes et 700 relais/intermédiaires entre septembre 2016 et juin 2019. À ce jour, YET coordonne 2 projets de sensibilisation liés à l’enseignement obligatoire (Boost Your Talent et Formation à la Pédagogie Entrepreneuriale) et 5 projets d’accompagnement de jeunes désireux d’entreprendre. La Région dispose depuis 2018 de 2 lieux d’hébergement et d’accompagnement sur deux campus bruxellois (Start Lab Ichec et Start.LAB (Solvay Entrepreneurs). L’EPHEC organise également du coaching individuel et collectif, un accès au parcours TEST en coopérative et un accès à des espaces de coworking. Deux projets de type « accélérateurs » ont également vu le jour (Boost Your Project et Bestarter). Ces lieux d’hébergement et d’accompagnement « youth-friendly » permettent de faciliter et d’accélérer la concrétisation, la réalisation et le testing des projets.



Les moments de sensibilisation se déroulent tout au long de l’année.

En 2016, le montant total octroyé en subvention via appel à projet a été de 415.920,00 EUR. En 2017, le montant total octroyé en subvention via appel à projet a été de 569.118,50 EUR. En 2018 et en 2019, il n’y a pas eu de nouvel appel mais des reconductions des anciens projets sur base des évaluations du comité de suivi. En 2018, le montant total octroyé en subvention était de 1.027.309,00 EUR. En 2019, le montant total octroyé en subvention était de 934.674,00 EUR.


Vous me demandez ensuite quelle est la part de starters dans l’économie bruxelloise.

Le taux de création d’entreprises assujetties à la TVA en Région de Bruxelles-Capitale, c’est-à-dire la part des créations d’entreprises dans le nombre moyen d’entreprises actives, avoisine les 12% à 13% ces dernières années. Les données relatives aux 10 premiers mois de l’année 2019 nous laissent supposer qu’un taux semblable sera enregistré pour l’ensemble de l’année. Tous ces chiffres sont disponibles sur le site de statbel :
www.statbel.be
En 2018, la RBC a enregistré 13.421 créations d’entreprises assujetties à la TVA en nombre mensuel de créations cumulés, un nombre en augmentation ces dernières années. Fin octobre 2019, le compteur atteignait 11.286 unités pour les 10 premiers mois de l’année.

Le nombre d’indépendant.e.s débutant une activité en Région de Bruxelles-Capitale s’est également accru ces dernières années. Les données relatives à 2019 ne seront disponibles qu’en juillet-août de cette année. Selon les chiffres publiés par l’INASTI, en 2018, on dénombrait 17.129 nouveaux indépendants (à l’exclusion des conjoints aidants)
alors qu’en 2017, ce nombre était de 16.077.

Vous me demandez ensuite la répartition de starters par genre, par catégorie d’âge, par niveau d’étude et par commune de résidence.

Ces informations sont disponibles sur le site de l’INASTI. D’après les chiffres que nous avons pu y voir, parmi les indépendant.e.s ayant débuté une activité en Belgique 2018, il y avait 73% d’hommes et 27% de femmes.

En ce qui concerne la répartition selon la catégorie d’âge : voir annexe.

L’Inasti ne publie pas de données relatives au niveau d’études des indépendant.e.s débutant une activité. D’après l’enquête sur les forces de travail (
Eurostat, 4ième trimestre 2018), 54% des indépendant.e.s en Belgique ont un diplôme du supérieur, 35% sont titulaires d’un diplôme du secondaire supérieur (ou post-secondaire.non-supérieur) et 11% n’ont pas l’un de ces diplômes. Ces données correspondent dès lors à la répartition pour l’ensemble des indépendant.e.s et non uniquement des indépendant.e.s ayant débuté une activité.

En ce qui concerne la répartition par commune des nouveaux indépendants : voir tableau en annexe

Vous me demandez enfin si nous observons une augmentation ou une diminution des starters depuis 2018.
Les chiffres pour l’entièreté de l’année 2019 n’étant pas encore disponibles, il ne m’est pas possible de vous dire si une augmentation ou une diminution sera observée.



ANNEXE

Répartition des starters indépendants selon la catégorie d’âge :

< 25

25-34

35-44

45-64

65 et plus

14%

38%

27%

20%

1%

Les entreprises assujetties à la TVA créées en 2018 et toujours en activité au début de l’année suivante se répartissent comme suit sur le territoire bruxellois :

Commune

Pourcentage

Bruxelles

16,7%

Ixelles

12,3%

Uccle

8,8%

Schaerbeek

8,7%

Anderlecht

8,3%

Saint-Gilles

5,3%

Molenbeek-Saint-Jean

5,3%

Etterbeek

5,2%

Forest

4,5%

Woluwe-Saint-Lambert

4,1%

Jette

3,6%

Woluwe-Saint-Pierre

3,1%

Evere

2,5%

Auderghem

2,4%

Saint-Josse-ten-Noode

2,2%

Watermael-Boitsfort

2,1%

Berchem-Sainte-Agathe

1,8%

Koekelberg

1,6%

Ganshoren

1,6%