Logo Parlement Buxellois

Question écrite concernant l’assistance aux personnes stressées par le retour au travail

de
Gilles Verstraeten
à
Bernard Clerfayt, ministre du gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale chargé de l'emploi et de la formation professionnelle, de la transition numérique, des pouvoirs locaux et du bien-être animal (question n°309)

 
Date de réception: 22/06/2020 Date de publication: 10/09/2020
Législature: 19/24 Session: 19/20 Date de réponse: 09/09/2020
 
Date Intitulé de l'acte de Référence page
29/06/2020 Recevable p.m.
 
Question    Espérons que le pire de la crise du coronavirus soit derrière nous. La vie n’a pas encore repris son cours normal et cela prendra un moment. Mais de plus en plus de personnes retournent au travail et au bureau. Pour beaucoup, cet assouplissement a été le bienvenu. Pour beaucoup, les collègues sont une source de contact social. Le télétravail à domicile se verra sans aucun doute accorder une place plus importante dans les modalités pratiques de nombreux emplois, mais le contact direct sur le lieu de travail n’en est pas moins essentiel pour beaucoup.

Cependant, tout le monde ne voit pas d’un bon œil ce retour au bureau. Une étude de la KULeuven révèle que quatre travailleurs sur dix sont stressés et anxieux à l’idée de ce retour. En Flandre, le VDAB propose donc une forme de coaching professionnel spécialisé pour soutenir les personnes lors de ce retour au bureau. Les indépendants y ont également droit. En premier lieu, le coach écoute le récit de la personne concernée et on examine comment s’attaquer au problème. Ce n’est pas une thérapie. S’il y a un problème plus grave à la base de la demande d’aide, la personne en question est orientée vers un psychologue.

Le VDAB se concentre sur deux groupes cibles. D’une part, sur les personnes qu’il connaissait déjà avant la crise du coronavirus et psychologiquement vulnérables. Pour ces personnes, le travail est souvent une forme de médication psychologique. La perte soudaine du travail a provoqué chez elles un repli mental majeur, de sorte qu’un retour au bureau est également un pas de géant qui génère beaucoup de stress et d’incertitude. Mais le VDAB souhaite également soutenir les personnes qui ont connu une nouvelle forme de stress due à l’isolement et qui risquent ainsi de développer une maladie de longue durée.

La VDAB coachera mille personnes dans un premier temps, et ce groupe pourra être élargi. Le service est très facile d’accès, on peut introduire une demande de soutien via le site internet du VDAB. Un job coach contactera le demandeur dans les 5 jours.

Je voudrais dès lors vous poser les questions suivantes :

- Actiris propose-t-il un service de soutien similaire ?

- Y a-t-il une collaboration entre Actiris et le VDAB (et le FOREM) en vue de s’attaquer à ce problème ?
 
 
Réponse    Le service GRAE (Guidance Recherche Active d’Emploi) d’Actiris propose des conseils et un accompagnement à toute personne inscrite auprès d’Actiris et accueille depuis toujours des travailleurs sous contrat de travail et dans le cadre de la convention INAMI des travailleurs en incapacité de travail suite à des problèmes de santé psychologiques comme physiques, dans le cadre de sa convention avec l’Inami.
Actiris reçoit les personnes en burnout réenvisageant un retour vers l’emploi ainsi que des personnes vivant une situation de harcèlement au travail venant souvent avec des demandes de réorientation professionnelle.

La méthodologie du service GRAE d’Actiris intègre les personnes dans leur globalité et donc lorsqu’une personne s’adresse à Actiris et souffre de stress, d’anxiété, a des craintes ou des appréhensions, ces différentes dimensions sont abordées en offrant une écoute empathique et active, en permettant une prise de recul et de réflexion sur son vécu, en apportant un soutien ainsi que la recherche de solutions ou alternatives. Lorsque ces problématiques sont importantes et risquent de constituer des freins, des obstacles importants pour leur réinsertion et projet tant professionnel que de vie, Actiris leur propose une orientation vers des services spécialisés tels que les Centres de santé mentale.

Durant cette période de crise du covid-19, les équipes d’Actiris ont été amenées à accompagner des personnes fragilisées par leur situation socio-économique précaire, vulnérables au niveau personnel étant donné leur situation familiale (familles monoparentales), harcelées et dévalorisées par leur employeur, inquiètes par l’incertitude de la situation du marché de l’emploi. Elles ont pu être prises en charge par les équipes en offrant un accompagnement adapté, lorsque c’était nécessaire et qu’elles acceptaient une orientation vers des services spécialisés externes et souvent un accompagnement mixte auprès de notre service et en parallèle un travail thérapeutique externe.

Du point de vue du partenariat, il n’y a, en ce moment, aucune offre au sein d’Actiris qui est comparable au « chèque carrière » du VDAB, auquel il est fait référence dans cette question, du moins c’est comme cela que je l’interprète. Ce chèque permet aux travailleurs de bénéficier d’un certain nombre d’heures de coaching de carrière, à un tarif réduit, auprès de coaches reconnus par le VDAB.

Toutefois, cette offre du VDAB est également mise à la disposition des Bruxellois (néerlandophones) qui répondent à certaines conditions.

Actiris ne possède pas d’offre comparable s’adressant explicitement aux travailleurs et il n’existe pas de collaboration entre Actiris et le VDAB à ce sujet.