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Question écrite concernant la suppression de places de parking

de
Hilde Sabbe
à
Elke Van den Brandt, ministre du gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale, chargée de la mobilité, des travaux publics et de la sécurité routière (question n°610)

 
Date de réception: 08/10/2020 Date de publication: 27/11/2020
Législature: 19/24 Session: 20/21 Date de réponse: 25/11/2020
 
Date Intitulé de l'acte de Référence page
26/10/2020 Recevable p.m.
 
Question    L’été dernier, la Région bruxelloise a décidé d’inclure le plan de mobilité Good Move dans l’accord de gouvernement. La raison sous-jacente est d’accorder la priorité aux Bruxellois et d’encourager les non-Bruxellois à prendre les transports publics au lieu d’être bloqués dans les embouteillages avec leur voiture.

Le plan de mobilité vise à supprimer 65 000 places de parking en voirie d’ici 2030, ce qui revient à supprimer environ 6.500 places de parking par an. Pour être dans les temps, il faudrait donc avoir supprimé environ 6.500 places de parking aujourd’hui.

Pour compenser les places de parking perdues, 20.000 places seront prévues pour les Bruxellois sur des parkings privés et publics, en plus des 500.000 places déjà disponibles. L’objectif est de mieux utiliser les places de parking disponibles dans les entreprises, les centres commerciaux, les écoles et sur les terrains privés qui restent inoccupées en dehors des heures de travail.

Mes questions :

- Dans la pratique, combien de places de parking ont-elles été supprimées jusqu’à présent ? Quel est le calendrier général (nombre de places de parking supprimées chaque année pour atteindre l’objectif final) ? Merci d’indiquer la répartition par commune.

- Comment se passe le processus décisionnel : quelles sont les instances compétentes pour sélectionner et supprimer des places de stationnement ? Comment se passe la collaboration avec les communes ? Pour combien de places de parking une décision de suppression a-t-elle déjà été prise ?

- Les riverains sont-ils consultés dans le cadre du processus décisionnel ? Sont-ils interrogés après que la décision a été prise et que les places ont effectivement été supprimées ? Dans l’affirmative, quelles sont les conclusions ?

- Quel est l’impact pour les non-Bruxellois qui se garent sur la voie publique lors de leurs déplacements domicile-travail ? Se rendent-ils dans un parking couvert ? Vont-ils passer aux transports publics ou au vélo pour ces déplacements ? Merci d’en dire plus.

- Qu’est-il prévu cet automne en termes de suppression de places de parking ? Dans quelles communes des travaux ont-ils commencé ? La crise du coronavirus a-t-elle eu un impact sur la prise de décision ou les travaux ?

- Pour compenser les places de parking perdues pour les Bruxellois, 20.000 places supplémentaires seront créées sur des parkings privés et publics, comme dans les entreprises, les centres commerciaux, les écoles et sur les terrains privés, ces places restant inoccupées en dehors des heures de travail. Des démarches ont-elles déjà été entreprises ou y a-t-il déjà des réalisations concrètes ? Merci de faire le point.
 
 
Réponse    Le stationnement dans notre ville est une question cruciale : 70% de l’espace public à Bruxelles est réservé à la voiture alors même qu’à peine 53% des ménages Bruxellois n’ont pas de voiture personnelle. Ce nombre diminue chaque année.

Comparé aux autres capitales européennes, Bruxelles a énormément de stationnement en voirie : il y a actuellement 265.000 places disponibles pour 1,1 millions d’habitants. A Paris (75,
intra muros), il y a 120.000 places en voirie pour 2,2 millions d’habitants, soit 4 fois moins.

Par ailleurs, Bruxelles dispose d’une réserve insoupçonnée de places de stationnement hors voirie dépassant de loin la demande : les dernières estimations réalisées par Parking.Brussels permettent de recenser plus de 700.000 places actuellement disponibles.

La diminution de nombre de voitures stationnées en voirie, ouvre de nouvelles perspectives pour améliorer l’espace public, la qualité de l’air, la qualité de vie dans nos quartiers. De plus larges trottoirs, de la verdurisation, des petits parcs, des pistes cyclables, des sites propres de bus.... Tout cela devient envisageable dans une ville plus fluide et plus conviale.

Bruxelles Mobilité n’a pas de calendrier précis de suppression de places de stationnement puisque celles-ci se font projet par projet.

Ainsi, dans le cadre du placement des arceaux vélos, 1204 places de parking seront supprimées. Cela représente en outre une amélioration significative de la sécurité routière à de très nombreux carrefours. Notre région comprend des milliers de places, situées à moins de 5 mètres d’un passage pour piétons. La mise en place d’arceaux à ces endroits vont permettre d’augmenter la visibilité des piétons aux croisements des passages pour piétons.

Différents acteurs peuvent intervenir dans la prise de décision (projet par projet) :
- Il y a des discussions entre Bruxelles Mobilité et les communes concernées.
- Des plans sont discutés aux seins de comités d’accompagnement des études de projets.

Pour chaque projet, nous agissons dans le cadre de Good Move en en rappelant à chaque fois les avantages pour la vie dans le quartier.

Les riverains sont associés aux réflexions, à travers les comités de quartiers présents lors des comités d’accompagnement de certaines études. Les représentants des communes dans les comités relaient également les besoins des riverains. Enfin, les riverains sont consultés officiellement lors des enquêtes publiques et de commissions de concertation en phase de demande de permis d’urbanisme.

Les objectifs affichés par le Plan régional de politique de stationnement (PRPS) et Good Move sont en tout cas d’inciter les navetteurs à utiliser les transports en commun, les modes actifs et les P+R.

La pandémie a effectivement eu un impact puisque quelques places de stationnement ont été supprimées dans le cadre de la mise en place des pistes cyclable Covid temporaires, comme à Beliard et Sylvain Dupuis.

Pour compenser les places de stationnement enlevées, entre autres le parking Ceria a été construit.

Le chantier du parking Stalle sera bientôt réalisé par Parking.brussels.

Pour les parkings Kraainem et A12 : les études d’incidences sont terminées.

L’Agence a identifié jusqu’à présent 35 sites susceptibles d’accueillir le stationnement de véhicules de navetteurs et 54 sites susceptibles d’accueillir les véhicules d’habitants de la capitale. Ces sites doivent faire l’objet d’une prospection approfondie.

Parking.brussels a également réalisé 12 études concernant des sites potentiels de parksharing, tant publics que privés, et 8 études supplémentaires relatives à des sites similaires sont en cours.

Quatre sites ont fait l’objet de négociations qui n’ont pas abouti, mais qui peuvent encore être relancées. Trois sites supplémentaires font l’objet de négociations avancées et parking.brussels espère les voir aboutir en 2021 ; avec Chirec Edith Cavell, avec Actiris Madou et avec les Foyers du Sud.

Un projet a abouti et est en cours d’exécution : VGC Comenius Koekelberg, qui compte 80 places destinées aux riverains.

Enfin, en cette matière, parking.brussels s’est fixé pour les prochaines années un objectif de minimum 2 projets (ou 200 places) à développer et de minimum 5 études à réaliser par an.