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Question écrite concernant les avancées réalisées en ce qui concerne la réhabilitation des égouts et les techniques utilisées pour rénover les égouts.

de
Emin Özkara
à
Alain Maron, ministre du gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale chargé de la transition climatique, de l'environnement, de l'énergie et de la démocratie participative (question n°777)

Matière(s):
 
Date de réception: 09/03/2021 Date de publication: 24/06/2021
Législature: 19/24 Session: 20/21 Date de réponse: 28/05/2021
 
Date Intitulé de l'acte de Référence page
30/04/2021 Recevable p.m.
28/05/2021 Annexe à la réponse p.m. Annexe
 
Question    La Région de Bruxelles-Capitale est parcourue par un vaste réseau d'égouttage et l'état des plus de 2000 km d'égouts reste à l'heure actuelle mal connu. En ce qui concerne l'égouttage double séparant les eaux pluviales et les eaux usées, celui-ci est quasiment inexistant. La vétusté du réseau d'égouttage pose aussi problème lorsque l'on se penche sur l'étanchéité de nombreuses conduites. En effet, cette étanchéité est souvent très relative, ce qui entraîne des fuites et d'autres dégâts des eaux dans le sous-sol bruxellois.
Vous en conviendrez, la vétusté actuelle du réseau d'égouttage alliée à de fortes précipitations peut contribuer à accentuer les inondations à certains endroits de notre capitale. En plus, avec les dérèglements et le réchauffement climatiques que nous connaissons depuis quelques années, les risques d'inondation dus à de fortes précipitations sont encore plus grands.

Face à ce constat, de nombreux chantiers ont été initiés en 2018 par Vivaqua dans le cadre de la réhabilitation des égouts notamment à :

- Anderlecht: rue Van Soust, entre avenue de Scheut et le boulevard du Prince de Liège;
- Forest : rue Caporal Trésignies;
- Molenbeek : rue de Rotterdam;
- Schaerbeek : rue Renkin;
- Uccle : avenue Alphonse XIII, rue de Bempt, chaussée d'Alsemberg, entre Oude Dieweg et rue de Stalle.

Ma première question est la suivante,
pour chacun des chantiers susmentionnés :

1. Le chantier a-t-il permis de rénover les égouts de manière satisfaisante ? Quelles ont été les techniques de rénovation utilisées ? Quels sont les résultats obtenus ? Quelles sont les plus-values escomptées suite à ces travaux ? Quel est le coût de ce chantier ?

Afin de compléter mon information, au regard des éléments précités, je souhaiterais aussi vous poser les questions suivantes au sujet de la rénovation des égouts :
Depuis 2018
commune par commune,

2. Quelles sont les mesures/actions/travaux mis en œuvre afin de rénover les égouts et le réseau d'égouttage ? Quels sont les résultats obtenus ? Qui met en œuvre ces mesures/actions/travaux ?
3. En ce qui concerne l'égouttage double séparant les eaux pluviales et les eaux usées, quelles sont les avancées réalisées ? Quels sont les obstacles à lever pour permettre de maximiser l'égouttage double ? Quels sont les résultats obtenus ?
4. Quels sont les efforts et technologies mis en œuvre afin de maximiser l'étenchéité des conduites ?
5. Quel est le nombre d'interventions et surtout quels sont les critères retenus pour réaliser une intervention ?
6. Quels sont les points noirs à surveiller et/ou à rénover en priorité ?
7. Enfin, qu'en est-il du calendrier des travaux et du calendrier des inspections ?
 
 
Réponse    1)

Concernant les différents chantiers initiés par Vivaqua en 2018 vous trouverez en annexe de cette réponse un tableau récapitulatif qui reprend les informations concernant les techniques de rénovation utilisées, leur coût et le résultat obtenu (c’est-à-dire le métrage d’égout rénové et le nombre de branchements rénovés).

Les plus-values apportées par ces travaux sont bien entendu d’assurer le bon fonctionnement du réseau d’égouttage pour le citoyen, d’assurer son étanchéité et de cette manière, protéger l’environnement en évitant toute perte d’eaux usées. L’objectif est également de rétablir la stabilité structurelle du réseau d’égouttage et de rendre pérenne l’aménagement de la voirie concernée.
2)
Concernant le réseau d’égouttage : de 2018 à 2020, VIVAQUA a rénové au total 56 km d’égouts et près de 10.000 branchements au niveau de la Région de Bruxelles-Capitale. Régulièrement, ces chantiers se déroulent sur le territoire de plusieurs communes. C’est pourquoi fournir une vue par commune est très difficilement réalisable et comporterait beaucoup d’imprécisions.
3)

En ce qui concerne l’égouttage double séparant eaux pluviales et eaux usées, la stratégie mise en place en Région de Bruxelles-Capitale pour sa gestion des eaux pluviales ne concerne pas la mise en place d’un réseau séparatif (double réseau), mais la gestion intégrée des eaux pluviales qui offre un intérêt plus élevé en vue de favoriser la biodiversité, la réalimentation de la nappe phréatique et la lutte contre les îlots de chaleur, pour un coût moindre.

4)
Au sujet des efforts et technologies mis en œuvre afin de maximiser l’étanchéité des conduites, les différentes rénovations du réseau d’égouttage et des branchements menées par VIVAQUA intègrent à chaque fois l’aspect de l’étanchéification. Selon l’état structurel du réseau à rénover ainsi que sa taille, les différentes techniques utilisées sont : le placement de coques, le chemisage, le gunitage, voire le remplacement intégral de l’égout.

5)

Il est important de souligner que VIVAQUA privilégie des méthodes limitant au maximum les nuisances auprès des riverains (et notamment les techniques dites « sans tranchée »). L’une des techniques les plus utilisées consiste à doubler l’égout existant avec des coques en polyester et fibre de verre. Ces coques sont fabriquées sur mesure en fonction de l’égout à rénover. Afin de pouvoir augmenter le nombre de chantiers de rénovation avec cette technologie et d’être moins dépendant des fournisseurs à l’étranger, VIVAQUA a construit sa propre Usine à Coques à Anderlecht, pleinement opérationnelle depuis début 2021.
Pour rappel, VIVAQUA a rénové entre 2018 et 2020 au total 56 km d’égouts et près de 10.000 branchements. Ces chantiers ont essentiellement lieu dans le cadre de coordinations lancées par les autorités régionales ou communales. Lors de ces coordinations, l’état structurel de l’égout est analysé par les équipes de VIVAQUA et constitue le critère déterminant au démarrage ou non du chantier de rénovation.

6)

Au sujet des « points noirs » à surveiller, VIVAQUA réalise un état des lieux du réseau d’égouttage des 19 communes bruxelloises (dont elle a hérité la gestion progressivement au début des années 2000) et ce, depuis 2008. De ces inspections résulte une classification de chaque tronçon d’égout en fonction de son degré de détérioration et des risques d’effondrement qui y sont liés, selon une échelle de 0 à 5. Un des objectifs stratégiques de VIVAQUA est de connaitre l’état des réseaux d’égouttage à 100% en 2024. En 2020, VIVAQUA atteignait plus de 72%. Pour inspecter les égouts, VIVAQUA utilise différentes méthodes en fonction de l’accès possible et de la vétusté : robots avec caméra ou zoom pour les égouts très étroits, et visite pédestre pour les autres. En 2019, un test d’inspection par drone a été effectué, mais il s’est avéré que cette technologie n’est pas encore concluante actuellement.
7)
Finalement, en termes de calendrier : le calendrier des travaux est très dépendant de celui des projets communaux ou régionaux, des autorisations des travaux en voirie et du travail de priorisation suite aux inspections que réalise VIVAQUA. VIVAQUA a pour ambition de rénover ses égouts à un rythme de 20 km par an. Cet objectif fait partie du Plan Pluriannuel d’Investissements qui a été approuvé par le Gouvernement bruxellois.