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Question écrite concernant le maintien de l'ordre pendant le Carnaval sauvage.

de
Mathias Vanden Borre
à
Rudi Vervoort, ministre-président du gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale, chargé du développement territorial et de la rénovation urbaine, du tourisme, de la promotion de l'image de Bruxelles et du biculturel d'intérêt régional (question n°587)

 
Date de réception: 22/03/2021 Date de publication: 21/06/2021
Législature: 19/24 Session: 20/21 Date de réponse: 17/06/2021
 
Date Intitulé de l'acte de Référence page
19/05/2021 Recevable p.m.
 
Question    Alors que la population digérait encore les mauvaises nouvelles du comité de concertation du 19 mars - où il a notamment été décidé d’annuler les assouplissements annoncés précédemment -, quelque 750 carnavaliers ont remué le couteau dans la plaie le lendemain en célébrant pendant des heures le Carnaval Sauvage dans la capitale.

Sur la place du Jeu de Balle, dans les Marolles, quelque deux cents carnavaliers s’étaient rassemblés pour le cortège annuel. La police de Bruxelles-Capitale – Ixelles, qui avait à ce moment-là fort à faire avec la manifestation au Bois de la Cambre, n’est arrivée qu’après une demi-heure mais elle a laissé faire. La plupart des participants ne portaient pas de masque et ne gardaient pas non plus leurs distances. Les boissons alcoolisées coulaient également à flots.

Entre-temps, le cortège s’est déplacé vers Forest et Saint-Gilles, où entre 500 et 1.000 personnes s’étaient déjà rassemblées sur la place Bethléem. Ces deux communes se trouvent toutefois dans une autre zone de police, ce qui a rendu les choses encore plus difficiles car elles n’étaient pas préparées à un tel événement. La police a laissé faire parce qu’elle avait trop peu d’hommes pour intervenir. Le risque que des agents soient blessés était également trop important. De plus, de nombreuses familles avaient rejoint le cortège.

Ce n’est que tard le soir, une fois les familles avec enfants rentrées chez elles, que la police –entre-temps renforcée par la police fédérale et deux canons à eau – a décidé de disperser la foule restante. Une section de la police a été attaquée par des carnavaliers ivres. Une fois les fauteurs de troubles arrêtés, le calme est revenu. La police cherche maintenant à savoir comment l’appel à la fête de carnaval a été diffusé et qui en est responsable.

Pour le directeur général de l’UZ Jette, « il est incompréhensible que des adultes jugent nécessaire d’adopter ce genre de comportement en pleine crise sanitaire ». Le médecin trouve également inquiétant que des parents aient même entraîné leurs enfants au carnaval.

Je voudrais vous poser les questions suivantes à cet égard :

- Le fait que le cortège ait pu grossir sans entrave parce qu’il a traversé deux zones de police montre la faiblesse liée au morcellement de la politique de sécurité en RBC. Pour les événements prévus (comme le Nouvel An, un match de football, etc.), il existe un protocole de coopération entre les différentes zones de police. Dans quelle mesure la RBC et les six zones de police coopèrent-elles en cas d’événements imprévus ?
- Étant donné qu’une manifestation avait lieu au même moment au Bois de la Cambre, je suppose que le centre régional de communication et de crise de Bruxelles Prévention & sécurité était opérationnel :
· Le centre régional de communication et de crise était-il opérationnel ? La plateforme de vidéosurveillance était-elle également opérationnelle ?
· Les services de BPS n’ont-ils pas remarqué, grâce à toutes sortes de caméras, qu’un certain nombre de grands rassemblements avaient lieu ?
- Dans quelle mesure BPS soutient-il les zones de police dans la recherche des responsables ?
 
 
Réponse    Le Carnaval sauvage est un évènement festif qui a lieu tous les ans sur la place du Jeu de Balle à Bruxelles. Les participants y confectionnent habituellement leurs costumes eux-mêmes, principalement avec des matériaux recyclés, et dansent ensuite à travers la Ville.

En raison de la pandémie de coronavirus, le cortège ne pouvait pas avoir lieu cette année mais un rassemblement a bien été constaté sur la place des Marolles. Le groupe s'est ensuite dirigé vers Saint-Gilles et Forest, trajet lors duquel des participants supplémentaires se sont ajoutés.

Après les demandes répétées de la police locale de respecter les mesures sanitaires, cette dernière a finalement décidé de disperser la foule, en concertation avec le bourgmestre.

Le jour de ces événements, la structure de commandement « gold » était opérationnelle. Elle prévoit un commandement coordonné des forces de police en cas d'événements de grande ampleur, prévus ou imprévus. Ce mode opératoire est régulièrement activé à la demande de l'une des zones de police.

Cette structure de commandement a permis d'envoyer une partie des moyens de la zone de police Bruxelles-Capitale-Ixelles qui se trouvait à ce moment-là sur le Bois de la Cambre vers le site où se déroulait le "carnaval".

Au terme de la journée, le dispositif opérationnel qui s’est constitué de manière progressive, était principalement composé de moyens appartenant aux zones Midi et Bruxelles-Ouest, ainsi que de deux voitures d'intervention de la police fédérale.

Ce dispositif était également renforcé des pelotons de la zone de police Bruxelles-Capitale Ixelles mentionnés précédemment.

Comme toujours dans de telles circonstances et depuis sa mise sur pied, le centre de crise régional a été activé et les images provenant de diverses sources ont été utilisées de manière intensive. C'est grâce à ces caméras que la taille du rassemblement a en permanence pu être évaluée et, par conséquent, a permis de libérer à temps les effectifs en poste au Bois de la Cambre.


Les images prises pendant cet évènement seront utilisées dans le cadre de l'enquête en cours sur le déroulement des événements pour en trouver les responsables.

Enfin, je vous rappelle que la Région bruxelloise ne dispose pas de compétence opérationnelle en matière de maintien de l’ordre ou d’enquête de police. Par conséquent, il n’appartient pas à BPS d’intervenir dans le processus de recherche des responsables des faits.